CONSOMMATION

par Frédéric Pinchon

Couleurs vives, slogans rassurants, boîtes soigneusement empilées. Mais derrière l’apparente banalité des rayons “œufs” de vos supermarchés, se cache une filière trouble. Depuis plusieurs semaines, des œufs ukrainiens, produits hors normes européennes, se retrouvent sur les étals de Leclerc, Carrefour et d’autres enseignes !

Comment des œufs ukrainiens, normalement interdits en France, se retrouvent en grande surface. Un phénomène en cours notamment chez Carrefour et Leclerc. Enquête.

Au code coquille, le vide. Dans un Leclerc des Hauts-de-France, un client intrigué montre sa boîte : « Impossible de vérifier l’origine, aucune mention claire. On dirait que c’est fait exprès. » Plusieurs consommateurs rencontrés décrivent la même surprise : des emballages où le flou remplace la traçabilité

Témoignage

Un salarié accepte de témoigner sous couvert d’anonymat. Il décrit un système bien huilé :

« On reçoit des palettes en provenance de plateformes logistiques européennes. Les papiers indiquent “origine UE”, mais quand on ouvre, certaines boîtes portent discrètement la mention Ukraine. On nous dit de fermer les yeux. »

La raison ? Le prix. Selon nos informations, ces lots sont jusqu’à 35 % moins chers que les œufs français. Dans un contexte d’inflation et de marges serrées, la tentation est forte. « Les acheteurs savent très bien d’où viennent ces cargaisons », confie un ancien cadre d’une centrale d’achat. « Mais officiellement, on parle d’‘importations de soutien’, liées à la guerre. »

Comment des œufs ukrainiens, normalement interdits en France, se retrouvent en grande surface. Un phénomène en cours notamment chez Carrefour et Leclerc. Enquête.

Un soutien qui arrange Bruxelles. Depuis 2022, l’Union européenne a assoupli ses contrôles douaniers pour permettre aux produits ukrainiens d’entrer plus facilement sur le marché. Une brèche dans laquelle se sont engouffrés les géants de la distribution.

Consommateurs trompés

Pendant ce temps, les éleveurs français étouffent. « On nous impose des normes coûteuses sur le bien-être animal et la traçabilité, pendant que des œufs pondus dans des cages interdites ici arrivent en masse », s’indigne un producteur du Ternois (Pas-de-Calais).

Comment des œufs ukrainiens, normalement interdits en France, se retrouvent en grande surface. Un phénomène en cours notamment chez Carrefour et Leclerc. Enquête.

Au final, c’est le consommateur qui trinque : trompé sur l’origine et exposé à des produits non respectueux des standards européens. Enfin une question dérange : jusqu’où les distributeurs sont-ils prêts à aller pour préserver leurs marges ?

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