BANQUE
par Frédéric Pinchon
La Banque nationale de Paris (BNP) a annoncé une décision majeure qui risque de bouleverser le paysage bancaire français : la fermeture de 500 agences d’ici 2030, soit le tiers des points d’accueil. En tant que première banque de l’Hexagone (7,6 millions de clients), cette réorganisation provoque un vif émoi. Cette transformation soulève des questions sur les zones touchées. On pense, notamment, à la région des Hauts-de-France. En effet, la BNP y dispose d’un réseau dense dans des villes comme Lille ; Douai ; Lens ; Arras ; Béthune ; etc.
Réorganisation nationale
Cette annonce historique s’inscrit dans un contexte où les habitudes bancaires des Français évoluent. De plus en plus de clients délaissent les agences physiques. Ils préfèrent se tourner vers les services numériques. La banque en ligne, Monese, annonce ainsi sa réouverture en France. Selon les dirigeants de la BNP, la digitalisation du secteur et les changements dans les modes de consommation, sont les principales motivations de cette réorganisation historique. « Les clients ne se déplacent plus autant qu’avant. Nous avons constaté une baisse de fréquentation en agence de 30 % au cours des cinq dernières années », justifie un porte-parole de la banque.

En effet, la crise sanitaire a accéléré cette transition vers le digital. Alors que l’usage des applications mobiles et des services en ligne devient la norme, la banque doit repenser son réseau physique. Toutefois, ce virage stratégique ne manque pas de susciter des inquiétudes. C’est particulièrement vrai en zones rurales ou semi-urbaines. Dans ces secteurs, les agences locales jouent encore un rôle clé pour la proximité.
Quelles conséquences en Hauts-de-France ?
Les habitants des Hauts-de-France se posent, désormais, une question cruciale. Celle de savoir quelles agences seront, à terme, concernées par cette vague de fermetures. « J’ai grandi avec ma BNP de quartier. Je ne m’imagine pas devoir faire toutes mes opérations en ligne », confie Marie, une cliente fidèle de Lille. Dans les secteurs plus ruraux, la fermeture pourrait être perçue comme un abandon. « Si l’agence ferme, je devrai faire 20 km pour me rendre dans une autre ville. Ce serait un vrai problème », s’inquiète Paul, client âgé, à Béthune. Même si elle a dû mesurer l’impact de sa décision, la BNP prend des risques. En effet, quitte à être à être contraints à faire du online, les clients pourraient très bien se tourner vers les banques à vocation initiale internet. Elles sont expérimentées, souvent moins chères et parfois plus souples…

Les salariés de la BNP de la région ne cachent pas, non plus, leurs craintes. « On n’a pas encore la liste des agences impactées. On sait juste que certaines villes vont être touchées », confie un employé de l’agence de Lens. « Si les fermetures concernent Arras, par exemple, cela va dégrader la relation de proximité avec les clients », ajoute un autre membre du personnel.
« Aucun licenciement »
Le sort des agences des Hauts-de-France sera clarifié dans les mois à venir. On en sera sans doute davantage quand la direction de la BNP finalisera son plan de fermetures. Il sera soumis à l’avis des élus du personnel. Ce sera d’ici quelques semaines. Le rythme des fermetures doublera, passant de 50 à 100 agences par an. Le déploiement débute dès septembre 2025. Ces derniers ne manqueront pas de demander des explications précises sur les choix de fermeture dans chaque région.
Enfin, à en croire la BNP, « la transformation se fera sans licenciements massifs. Elle incluera fusions d’agences, renforcement de Hello bank et investissements technologiques ».

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