Depuis cinquante ans, les Français ajustent les montres tous les six mois. Le rituel a été instauré pour des raisons économiques et énergétiques. Introduit en 1916 puis en 1976, le changement d’heure fait, désormais, partie de la routine saisonnière. Pourtant, avec le temps, son bien-fondé est remis en cause. L’Union européenne a discuté d’une possible suppression de ce mécanisme. Des pays ont même déjà fait un choix. 2025 semble propice à une réflexion sur la pertinence de cette habitude. Retour sur l’histoire du passage à l’heure d’été et sur son impact, aujourd’hui, dans la vie des européens.
Retour en arrière…
Le changement d’heure a vu le jour dans un contexte de crise énergétique. C’était, notamment, après le choc pétrolier de 1973. Afin de réduire la consommation d’énergie, l’idée était de tirer parti, au maximum, des heures d’ensoleillement. En avançant les horloges d’une heure au printemps, les Français pouvaient, ainsi, profiter de journées plus longues et de soirées lumineuses. Cette trouvaille limitait le recours à l’éclairage artificiel. La mesure a été adoptée en 1976 sous la présidence de Valéry-Giscard-d’Estaing.

À l’époque, l’argument principal était la réduction de la consommation d’électricité dans les foyers. L’éclairage représentait une part importante des dépenses énergétiques. L’adaptation des horaires semblait être une solution pertinente pour limiter ces coûts. Les économies d’énergie réalisées au début étaient notables. La mesure s’est donc rapidement imposée.
Un modèle européen
Le changement d’heure ne s’est pas limité à la France. En 1980, l’Union européenne de jadis a décidé d’harmoniser le calendrier du passage à l’heure d’été et d’hiver pour éviter les incohérences entre pays voisins. Depuis lors, tous les États membres de l’UE suivent le même calendrier. Ils passent à l’heure d’été le dernier dimanche de mars. Ils reviennent à l’heure d’hiver le dernier dimanche d’octobre.

Cependant, cette uniformité a été remise en cause, ces dernières années. En 2018, la Commission européenne a proposé de mettre fin au changement d’heure. C’était après une consultation publique où une majorité de citoyens européens s’est prononcée en faveur de l’abandon de cette pratique. En réponse, la Commission a laissé le choix à chaque pays de décider s’il souhaitait rester à l’heure d’été ou d’hiver toute l’année. Pourtant, en 2025, aucune décision concrète n’a été prise au niveau européen. La plupart des pays continue de basculer d’un horaire à l’autre deux fois l’an. Le problème principal pour les états membres est de se mettre d’accord sur le fait de rester toute l’année à l’heure d’été ou à l’heure d’hiver (vidéo ci-dessous).
Parmi les 27 pays membres, certains, comme la Finlande, sont favorables à l’abandon du changement d’heure. Cet état invoque des impacts négatifs sur la santé. D’autres, comme l’Espagne, estiment que l’heure d’été permet de prolonger les journées et d’attirer davantage de touristes. En 2025, aucun consensus n’a été trouvé et les débats se poursuivent…
Encore pertinent en 2025 ?
En France, le changement horaire est également à la réflexion. Les économies d’énergie qui constituaient le principal argument en faveur du changement d’heure, sont de plus en plus marginales. Avec l’essor des nouvelles technologies, des ampoules LED peu consommatrices et des habitudes de consommation électrique différentes, l’impact du changement d’heure sur les dépenses énergétiques est aujourd’hui très faible. Selon l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la maîtrise de l’énergie), les économies réalisées, grâce à l’heure d’été, ne représentent qu’environ 0,07 % de la consommation annuelle d’électricité en 2025.

D’un autre côté, les effets sur la santé et le bien-être sont davantage mis en avant. Des études ont montré que le passage à l’heure d’été provoque des perturbations du sommeil. Ce changement aurait conséquences sur la concentration et la productivité au travail. Les changements de rythme peuvent, également, être plus difficiles pour certaines populations. On pense, notamment, aux enfants et aux personnes âgées.
Un débat partagé
Pour recueillir les avis des Français sur cette question, interrogeons quelques passants à Lille. Lisa, une étudiante de 23 ans, est favorable à la fin du changement d’heure. « Chaque année, j’ai du mal à m’adapter, surtout au passage à l’heure d’été. Je dors mal et ça me perturbe pendant plusieurs jours. » À l’inverse, Michel, retraité de 65 ans, voit plutôt d’un bon œil le maintien de ce mécanisme : « J’adore avoir des soirées plus longues en été. Ça permet de profiter des terrasses et des parcs. Je ne vois pas pourquoi on changerait ça. »
D’autres, enfin, s’interrogent sur l’utilité réelle de ce changement en 2025. Nathalie est cadre dans une entreprise de télécommunications. Elle se demande si cela ne relève pas plutôt d’une habitude obsolète : « À l’époque, je comprends qu’il fallait faire des économies. Aujourd’hui, avec nos technologies, est-ce vraiment encore nécessaire ? »
L’heure d’été, instaurée dans un contexte bien particulier, est aujourd’hui largement remis en question. Alors que l’Europe peine à trancher, les Français restent partagés sur le sujet. Le débat se poursuivra sans doute encore des années. Dimanche 26 octobre, vous tournerez les aiguilles de votre montre dans le sens inverse. Seule certitude : l’heure tourne pour cette pratique vieille de plusieurs décennies.
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