SANTé
par Frédéric Pinchon
En 2020, en pleine pandémie de Covid-19, les métiers dits « essentiels » ont joué un rôle crucial. Les caissiers, infirmiers, éboueurs, livreurs ou encore aides-soignants, ont permis à la société de continuer à fonctionner malgré les confinements et les incertitudes. À ce moment-là, le gouvernement et l’opinion publique, reconnaissaient l’importance de ces professions souvent mal payées, pénibles et peu valorisées. Un consensus semblait émerger : il fallait mieux rémunérer ces travailleurs et leur offrir des perspectives d’évolution. Cinq ans plus tard, ces promesses n’ont pas été tenues.
Reconnaissance en trompe-l’œil
En 2020, l’angoisse collective et la prise de conscience de la vulnérabilité des systèmes de santé, de distribution ou de propreté, ont mis en lumière le caractère indispensable de ces métiers. Le discours gouvernemental était alors fort : il s’agissait de revaloriser ces emplois. Des primes ont, certes, été distribuées, en particulier aux soignants. Toutefois, elles sont restées ponctuelles. Ces versements occasionnel n’ont pas réellement modifié la structure salariale de ces professions. La précarité reste la norme pour beaucoup.

Aujourd’hui, cinq ans après cette crise sanitaire sans précédent, la situation demeure inchangée. Le salaire médian des métiers dits « essentiels » reste largement inférieur à la moyenne nationale. Malgré l’épuisement physique et mental, qu’imposent ces emplois, les perspectives d’évolution professionnelle sont faibles, voire inexistantes. Pire, les conditions de travail se sont souvent dégradées. C’est notamment dans le secteur de la santé. Ici, les vagues successives de Covid ont accentué les démissions et les burn-out…
Manque de volonté politique
Les syndicats et les associations de travailleurs pointent du doigt un manque de volonté politique. « En 2020, on nous applaudissait tous les soirs aux fenêtres. Aujourd’hui, on a le sentiment d’avoir été oubliés », déclare Sophie. Elle est aide-soignante depuis quinze ans. Le gouvernement avait promis des réformes pour améliorer les conditions de travail. Force de constater que celles-ci tardent à venir. Les crises, économiques et politiques successives, ont relégué ces promesses au second plan.

Les espoirs suscités par la pandémie se sont donc heurtés à la réalité d’un système profondément inégalitaire. Les travailleurs dits « essentiels », pourtant au cœur de la société, restent sous-valorisés. Face à l’immobilisme, la question de la revalorisation de ces métiers est plus que jamais d’actualité. Si la crise du Covid a montré l’importance de ces professions, il est clair que, cinq ans après, les changements tant attendus ne sont toujours pas là. Ceci veut dire cela.
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